CLIMAT. LETTRE D’INFORMATION NUMERO 5 DE JEAN-CLAUDE PONT

copie de https://1dex.ch/2018/05/climat-lettre-dinformation-numero-5-de-jean-claude-pont/#.Xr6T1vxCRk8

GIEC. Au cœur des manigances: la Température (2).
Le « hiatus ».

jeanclaude.pont

« Ainsi, constatons-nous que nous n’avons pas observé de hausse de température depuis 1998, alors que cette période a connu une augmentation égale à 25% du total des émissions de CO2 anthropiques. »

(Déclaration de Judith Curry, devant le Sénat des Etats-Unis, 15 avril 2015 – Voir Annexe 3)

Introduction

Dans la Lettre d’information 3, j’ai rappelé combien était centrale la notion de température pour les discussions climatologiques actuelles. J’ai ensuite montré avec quelle légèreté coupable (positionnement des stations de mesures) et avec quel manque de sérieux (déplacement ad hoc des stations de mesures), le GIEC était parvenu à convaincre les gouvernements et une bonne partie de la population de dangers apocalyptiques qui menaceraient la Terre suite à un réchauffement climatique.

A peine mis en place (1988), le GIEC doit faire face à des ennemis de taille : la vérité et le réel. Après être parvenu à évacuer le très gênant refroidissement des années 1950-1980 (en pleine remontée de nos émissions de CO2 !) (voir mon livre pp. 25-27), un épisode autrement grave allait se présenter. Il s’agit d’une période d’une vingtaine d’années à partir de 2000, marquée par une stagnation de la température, un calme plat sur le front du réchauffement climatique. Cet épisode constituera le second volet du diptyque que je consacre aux pratiques giéciennes en matière de température moyenne du globe terrestre.

Le GIEC reconnaît l’existence d’un plateau de température

Dans un premier temps, le GIEC a lui-même reconnu l’existence de ce plateau de température, ce qui est assez rare pour être signalé, et qui est méritoire. Certes, il n’a pas fait donner les grandes orgues pour le communiquer, mais quand même, c’est bien là.

Le GIEC écrit en effet, dans son Assessment Report numéro 5 de 2013 (AR5) à la rubrique « Observed Changes in the Climate »[1] : « En raison de la variabilité naturelle[2], les tendances fondées sur de courts enregistrements sont très sensibles et ne reflètent pas en général les tendances du climat sur le long terme. Comme exemple, le taux de réchauffement sur les quinze dernières années (1998-2012; 0,05 [– 0.05 to 0.15] °C par décennie), qui commence avec un fort El Niño, est inférieur au taux calculé depuis 1951 (1951-2012; 0,12) (…). »[3] On imagine que cela n’a pas été admis de gaîté de cœur !

Dans le rapport du GIEC de 2013[4], on lit aussi :

« La figure 9.8 [p. 768] démontre que la période-hiatus[5] de 15 ans est commune aux deux séries temporelles CMIP5[6] et GMST. Cependant, une analyse de toute la suite des simulations CMIP5 historical révèle que 111 des 114 simulations montrent une tendance GMST sur 1998-2012 qui est supérieure à tout le trend HadCRUT4 [ensemble de données de températures, voir plus bas]. »

D’autres témoignages

Ce témoignage venant du GIEC n’est pas unique. Le suivant revêt un intérêt spécial, d’autant plus spécial si l’on connaît l’épisode de la courbe de Mann, que j’ai traité en détail dans mon livre[7] (pp. 90-100).

Michael Mann (2011)

Dans un article de 2011, Michael Mann[8] écrit avec les autres auteurs :

« Etant donné l’effet réchauffant des gaz à effet de serre, largement remarqué[9], il n’est pas clair pourquoi la température globale de surface n’a pas augmenté entre 1998 et 2008. Nous trouvons que ce hiatus dans le réchauffement [coïncide avec une période de petite augmentation des forçages anthropogéniques et naturels]. »

Le mot « hiatus » est repris tout au long du texte. Ils écrivent encore : « Les simulations par modèles sont utilisées pour suggérer que la variabilité interne peut générer des périodes étendues de températures stables semblables à 1999-2008. »

On lit quelques lignes plus loin : « De plus, la température globale de la surface a décru de 0,2  °C entre 2005 et 2008. Bien que la température ait augmenté en 2009 et 2010, l’absence d’une claire augmentation de température entre 1998 et 2008, combinée avec l’augmentation de la concentration du CO2 et des autres gaz à effet de serre, a amené des commentateurs populaires (…) à douter de l’existence d’une relation entre le forcing radiatif et la variabilité interne d’une part, et la température globale de surface d’autre part. Il semble que cette combinaison des deux pourrait être une raison à l’augmentation du scepticisme dans le public sur le changement anthropogénique du climat. »

En résumé et selon « Mann 2011 » :

–   La température du globe n’a pas augmenté entre 1998 et 2008, elle a même décru entre 2005 et 2008, avec une petite augmentation pour 2009-2010.

–   Il existe un scepticisme dans le public sur le changement du climat, scepticisme dû à des causes anthropogéniques.

Kevin Trenberth[10]

J’ai présenté dans mon livre (pp. 187-189) l’affaire que l’on a appelée le « Climategate »[11]. L’un des e-mails adressés par Kevin Trenberth à Michael Mann est particulièrement intéressant. Il date du 12 octobre 2009 et dit ceci : « Le fait est que nous ne pouvons pas rendre compte du manque de réchauffement du moment, et nous ne pouvons pas le travestir. Le CERES data publié dans le BAMS 09 supplément pour 2008 montre qu’il devrait même y avoir plus de réchauffement : mais les données sont sûrement erronées. Notre système d’observation est inadéquat

On a essayé de tourner ce texte de toutes les manières possibles pour lui faire dire autre chose que ce qu’il dit, mais peu importe, pour ce qui concerne notre point, il est sans ambiguïtés, malgré les contorsions à venir pour tenter de gommer la disparition du réchauffement. Notons que ce sont les observations qui seraient coupables !

Philip Jones

Le cas de Phil Jones[12] vaut lui aussi d’être présenté. Le manque de réchauffement climatique est évoqué dans une interview qu’il accorde à la BBC le 13 février 2010 (BBC News – Q&A : Professor Phil Jones). A la question de savoir s’il accepte que de 1995 à aujourd’hui (2010) il n’y a pas eu de réchauffement significatif, il apporte une réponse dont on peut penser ce que l’on veut : « J’ai aussi calculé le trend pour la période 1995 à 2009. J’ai trouvé qu’il était positif (0,12 ºC par décennie), ce qui n’est pas significatif. » On lui demande ensuite s’il est d’accord avec le fait que de janvier 2002 à 2010 il y a un refroidissement global significatif. Il répond « non », ajoutant que le trend est négatif (- 0,12 ºC par décennie), mais que ce trend n’est pas statistiquement significatif.

Ayant beaucoup pratiqué les techniques de l’obédience giécienne, je me risquerai à formuler l’hypothèse suivante : le fait de ne pas tenir pour significatif le + 0,12 ºC, permettait de tenir le – 0,12 ºC pour non significatif également, cette dernière baisse dont la présence était pour le moins gênante eu égard aux canons du dogme.

La presse confirme la stagnation et/ou baisse de température. Embarras réchauffiste

Le plateau de température, suivi même d’une légère baisse, devient un problème lancinant pour le GIEC. Le scepticisme qui s’installe dans la population, comme l’a déclaré Michael Mann ci-dessus, menace tout l’édifice et il faut juguler l’hémorragie. On actionne donc les habituels pompiers commis à cette tâche. En France, on a l’embarras du choix et on peut d’ailleurs multiplier les angles d’attaque, selon la dangerosité  de la situation. C’est Stéphane Foucart (voir mon livre pp. 156-163) qui monte aux barricades dans un article publié par le journal Le Monde le 28 août 2008. On admirera la subtilité de la pensée, tout en volutes et en contorsions, exercices d’autant plus difficiles lorsque ce que l’on dit ne correspond pas à la vérité. Lisons :

« Les décennies 2000-2010 et 2005-2015 seront-elles globalement moins chaudes que la décennie 1994-2004 ? En mai, des climatologues réputés publiaient une étude répondant positivement à cette question ». L’auteur ajoute, « iconoclaste à première vue, leur conclusion n’est pas contradictoire avec les constats des bouleversements en cours. » Relevons au passage le terme « iconoclaste », qui en dit long sur les cadres conceptuels de l’auteur. Foucart cite ensuite l’un des coauteurs de l’article (Le Monde du 13 mai 2008) :

« Nous ne disons pas que le changement climatique sera moins important que prévu. Nous disons qu’une oscillation naturelle du climat se superposera momentanément à la tendance du réchauffement. »

Ce passage mérite commentaire. Lorsque ça chauffe, c’est le réchauffement, et lorsque ça ne réchauffe pas, c’est la Nature. Qui, de surcroît, ne peut que venir se « superposer momentanément » à un réchauffement qui resterait donc sous-jacent et/ou dominant. En outre, pourquoi ce « momentanément » ? Qu’en sait-on ? Pourquoi ce minuscule mais fameux réchauffement de 0,7 degré en cent vingt ans ne serait-il pas lui aussi dû à des oscillations naturelles ?

Venons-en au titre de l’article de Foucart : « Réchauffement climatique. Quand la nature freine ». Et voilà le tour de passe-passe. Rien ne marche comme prévu dans les espoirs climatologiques récents, alors hop ! on fait donner la vieille garde, on réactive la machine qui a réponse à tout, on colmate les brèches, puis vient la grande ceinture protectrice : la Nature en personne. L’eau monte-t-elle dans la pompe, c’est la Nature qui a horreur du vide. Le blé nourrit-il les hommes, c’est que la Nature est généreuse. L’opium fait-il dormir, c’est par la vertu dormitive de sa nature. La voici maintenant qui vole au secours des réchauffistes désemparés : la terre ne se réchauffe pas comme prévu, il y a plein de décennies où le climat se refroidit, pas de problème, « la nature freine ». Imaginons seulement que, dans un examen d’agrégation, le candidat désemparé réponde : c’est la Nature !

Manœuvres de sauvetage

Pour conjurer ce redoutable ennemi que la Nature glissait sous leurs pas, les milieux de la climatologie officielle se devaient d’éliminer la mauvaise impression laissée par l’intempestif plateau de température. La méthode s’articule sur des techniques longuement éprouvées : déni de vérité, falsifications, « arabesques latérales » (mon livre p. 129). Cette cessation du réchauffement climatique était une sorte de pied-de-nez des éléments à l’endroit du GIEC.

Je traiterai ici de quelques actions menées par les forces giéciennes, probablement pour éviter la catastrophe qu’aurait été pour la COP21 de 2015, l’existence de ce plateau de températures, qui se manifestait sur près de vingt années, assorti même d’un refroidissement.

J’ai complété la présentation de ces manœuvres par un essai de reconstruction (en italique ci-après) de leur enchâssement dans leur structure d’ensemble. Une reconstruction plausible et qui donne de la cohérence à l’ensemble. Si je ne dispose pas de preuve de la fidélité de la recons-truction, du moins permet-elle de mieux saisir la connexion qui pourrait les unir.

Le GIEC et son obédience reconnaissent l’existence d’un plateau de température. Peut-être sans d’abord mesurer la menace qu’il fait peser sur son édifice.

Mais on réalise qu’on ne peut pas laisser la chose en l’état; comme le déclare Mann lui-même, elle induit une méfiance dans la population.

Aussi des forces se mobilisent-elles pour tenter d’éteindre l’incendie, allumé par l’absence de réchauffement.

« Mann 2011 », suite

Dès 2011, Mann et ses amis organisent donc le sauvetage[13]. La manœuvre est du plus haut intérêt pour comprendre le fonctionnement et les dysfonctionnements de l’obédience giécienne. Je commence par quelques citations.

« Les résultats indiquent que le forçage anthropogénique augmente plus lentement que lors de la décennie précédente à cause de l’effet refroidissant des émissions de sulfures, croîssant en tandem avec les effets réchauffants des concentrations de gaz à effet de serre. Cette baisse, accompagnée d’un déclin de l’insolation solaire et du changement des conditions de El Niño et de La Niña[14], permet au modèle de simuler le manque de réchauffement après 1998. »

Dans une phase encore balbutiante, on «râcle les fonds de tiroirs» pour rassembler, sans distinction, un ensemble d’agents permettant de conserver intacte la culpabilité du CO2, des agents dont rien ne justifie a priori la présence et dont le rôle pourrait être celui de permettre cette liste. L’article «Mann 2011» semble fait pour ça.

D’autres agents seront encore convoqués plus loin dans l’article :

« Une analyse récente soutient que la concentration en vapeur d’eau de la stratosphère a décru d’environ 10% après 2000, et que cela aurait ralenti le taux d’augmentation de température d’environ 25%, relativement à l’accroissement qui serait survenu du fait du CO2 et des autres gaz à effet de serre. »

Commentaire

On a ainsi rassemblé sans rime ni raison différents agents, réunis dans une disparate destinée à balayer le plateau de température, il faut le reconnaître, difficile à encaisser pour le GIEC. L’honnêteté scientifique aurait voulu que l’on y ajoutât les rayons cosmiques (mon livre pp. 66-69), la quasi-impossibilité où l’on est de modéliser les nuages de basse altitude (pages 45, 48, 51, 56-57), la connaissance mauvaise ou incomplète des courants océaniques, le désastre des mesures de températures que j’ai présenté dans ma Lettre d’information 3 avec, pour couronner l’ensemble, l’extrême sensibilité aux conditions initiales du système de l’atmosphère et de ses sous-systèmes.

Observons que, selon cette analyse, une décroissance de 10% dans la vapeur d’eau occasionnerait un ralentissement de l’augmentation de la température de 25%. Réunissons cette affirmation, venant d’une source authentiquement giécienne, avec ce fait incontesté que la vapeur d’eau compte pour 95% des gaz à effet de serre de l’atmosphère, contre 4% pour le CO2. ET CE SERAIT LE CO2 QUI SERAIT RESPONSABLE DU 0,7 ºC d’élévation de température en cent vingt ans ! Dans les systèmes de pensée contrôlés par une idéologie, le principe de non-contradiction lui-même est révoqué !

Ailleurs encore dans l’article « Mann 2011 » : « Une autre explication du récent hiatus dans le réchauffement se focalise sur la variabilité interne du système climatique. »

          Commentaire

Arrêtons-nous à ce nouveau venu, la « variabilité interne du système climatique ». En bonne philosophie, on doit se demander ce qu’il faut entendre par là. Personne à ma connaissance ne l’a véritablement définie. On pourrait dire que la variabilité interne est ce que ferait la Terre si nous ne l’encombrions pas de notre présence, plus précisément, ce qu’elle faisait avant l’avènement de l’industrie humaine moderne. La quantité de CO2 d’origine anthropique étant quasiment nulle dans les époques antérieures, c’est donc cette variabilité qui était, seule, responsable de tous les bouleversements subis par la Terre : grandes glaciations et reculs des glaciers, optimum de températures du Moyen Age et petit âge glaciaire, tous les changements climatiques dont témoignent les carottages de Camp Century (voir mon livre, p. 86 et p. 96), etc. Ainsi la variabilité interne, mise en avant ici, est-elle l’agent le plus naturel qui soit et, historiquement, le plus puissant.

Agent le plus naturel, et en même temps le plus saugrenu, dans le tableau que dressent ces maîtres à penser de l’obédience giécienne. L’adjoindre à la liste des agents évoqués plus haut n’a guère de sens, sauf qu’il révèle l’absurdité du dogme.

Les deux volets de l’alternative sont en effet :

–   Soit les agents incriminés de la première liste (le CO2, etc.) sont vraiment dominants et empêchent tout hiatus (rappelons-le, nous sommes dans l’ordre de grandeur de quelques dixièmes de degré).

–   Soit ces agents ne suffisent pas, et alors l’appel à la variabilité s’impose, et son impact peut être à la demande de 5%, 30%, … 100% ! Voici une entité fantomatique et à « géométrie variable » qui surgit miraculeusement, à l’image de l’éther de l’ancienne physique.

La variabilité interne devient dans ce dernier cas une sorte d’entité métaphysique, dont on ne sait rien, elle est juste là pour combler les lacunes laissées par les autres agents : elle s’active lorsque les effets irréversibles et pérennes qu’on impute aux causes anthropiques sont aux abonnés absents.

La variabilité interne a dirigé tous les changements climatiques jusque vers 1900. La Nature aurait-elle changé sa manière de fonctionner précisément au moment où le GIEC s’avise de ces 0,7ºC en cent vingt ans. La variabilité interne, qui a fait remonter les glaciers de Lyon sur environ 400 km, jusqu’à nos montagnes, n’aurait pas été en mesure d’assumer cette augmentation de température ni les reculs de nos glaciers de quelques centaines de mètres ? Ce n’est pas sérieux !

En bref, la variabilité interne est le moteur de secours enclenché par le GIEC, quand la Nature lui fait des misères.

La conclusion de l’article « Mann 2011 » renforce encore l’impression désolante que dégage l’ensemble de cette argumentation : « La découverte de ce que le récent hiatus est largement dirigé par des facteurs naturels ne doit pas contredire l’hypothèse que ˝la majorité des augmentations de la température moyenne globale depuis le milieu du XXe siècle est très probablement due à l’accroissement anthropogénique de la concentration de gaz à effet de serre˝. Comme indiqué dans la figure 1[15], l’activité anthropogénique qui chauffe et refroidit [tiens, tiens !] la planète, largement affaiblie après 1998 [et pourquoi ça, tout d’un coup !], permet aux variables naturelles de jouer un rôle plus significatif. Le hiatus de 1998-2008 n’est pas la première période dans l’enregistrement instrumental des températures où les effets de changements anthropogéniques dans les gaz à effet de serre et les émissions sulfurées sur le forcing radiatif s’annulent. Dans les échantillons, les simulations indiquent que la température n’augmente pas entre 1940 et 1970, à cause de l’effet refroidissant des émissions sulfurées qui augmente légèrement plus vite que l’effet réchauffant des gaz à effet de serre. »

On peut se demander où cette dernière affirmation est démontrée. C’est clairement un argument ad hoc, qui permet d’occulter la misère de l’argumentation.

On y découvre au moins :

l la confirmation qu’il y a un hiatus et que celui-ci est largement dirigé par des facteurs naturels,

l que l’activité anthropogénique chauffe et refroidit,

l que la température n’augmente pas entre 1940 et 1970, alors que la quantité de CO2 a continué à augmenter dans l’atmosphère.

Ma conclusion au terme de cette longue analyse, la voici. Il y a bien un hiatus dans les affaires de la climatologie, mais il se situe entre le travail proprement (dans les deux sens du mot) scientifique des chercheurs de base et la récupération idéologico-politique qu’en font les sphères dirigeantes et ceux qui, la tête dans le guidon, suivent candidement.

On doit le reconnaître, le coup de la variabilité interne, dernier venu dans la panoplie de la poudre aux yeux, est un coup de maître ! Principe fonctionnant à la demande, on le rapetisse jusqu’à la disparition ou on l’augmente à l’envi. Il pourra servir à chaque fois que le dogme se heurte aux dures lois du réel !

HadCRUT3 et HadCRUT4[16]

Mais tout cela fait bricolage et ne résiste pas à la critique. Profitant vraisemblablement de la « préparation du terrain » que l’on doit à Jones (voir plus haut) avec son jeu entre les – 0,12 ºC / + 0,12 ºC, les responsables du HadCRUT3, dont la courbe de température montrait un trend négatif, ont profité de ce passage au HadCRUT4 pour proposer une nouvelle courbe et transformer la tendance à la baisse de température en un trend de réchauffement. Une correction d’environ + 0,12 ºC a été apportée tout soudain aux indications du précédent, sans justification aucune.

La transformation que l’on observe sur les courbes qui suivent se passe de commentaire. La coïncidence avec la préparation du rapport 2012 du GIEC n’est pas, selon toute vraisemblance, le fait du hasard.

Source : WoodForTrees

La « Buster-pause karlization »

Ce coup de force du HadCRUT et la mauvaise impression qu’il laissait – surtout en vue de la grand-messe de la COP21 (2015) – méritait un «coup de brosse à rationaliser». C’est probablement la raison d’être de l’article de Thomas Karl de 2015, qui fondait ce qu’on appellera joliment la «karlization».

En juin 2015, Thomas Karl (qui fut l’un des directeurs de la NOAA !) et al. publiaient[17], juste à la veille de la COP21, un article prétendant montrer qu’il n’y avait pas eu de « hiatus » dans l’augmentation de la température. Les auteurs firent aussi savoir que les données et les algorithmes qui avaient permis ces calculs avaient disparu suite à une panne d’ordinateurs (!). Les résultats annoncés devenaient ainsi invérifiables.

On imagine le soulagement des milieux giéciens et de tout ce qui gravite autour et/ou vit à leurs dépens. Dans sa servilité habituelle, l’ensemble de la presse française allait reprendre en chœur la fake new. Ainsi, Sean Bailly pouvait écrire joyeusement dans la très réchauffiste revue Pour la Science : « La tendance de réchauffement se poursuit sans fléchir. » Il faut avoir « l’oreille sémantique » pour sentir et apprécier l’espèce de contentement qu’enveloppe ce petit bout de phrase.

La technique de l’ajustement à laquelle a recouru Karl consiste à se caler, pour un endroit sur lequel les mesures font défaut, sur le site le plus proche et utiliser les températures qu’il indique. Le procédé était poussé au-delà des limites de l’acceptable, puisqu’on y a ajusté de bonnes mesures sur des mesures douteuses, tirées de mesures contaminées par des sources de chaleur. Des ajustements qui permirent d’annoncer une augmentation de températures de 0,12 °C[18]. On a ainsi réussi à transformer le léger refroidissement, reconnu par le GIEC, en un réchauffement. On rappellera à cette occasion que selon Jones, ce 0,12 °C n’était pas significatif !

Les procédés utilisés par Karl, la « karlization », allaient être vertement contestés par de grands noms de la météorologie, comme Richard Lindzen, et la manœuvre dénoncée.

Judith Curry, climatologue réputée[19] (voir Annexe 3), écrivait à ce propos : « Ce petit papier n’est pas adéquat pour expliquer et explorer les très larges changements qui ont été effectués sur l’ensemble des données de la NOAA. L’ensemble des données des températures de surface est clairement une cible mobile. Ainsi, si je suis sûre que cette dernière analyse de la NOAA sera regardée comme utile à l’administration Obama, je ne la considère pas comme une contribution particulièrement utile à notre compréhensions scientifique de ce qui se passe. » « Utile à l’administration Obama », sous la plume de Curry, signifiait clairement « favorable aux thèses réchauffistes ».

Où l’on tente d’accréditer la karlization : « Mann 17 »

La COP21 (2015) passée, avec l’enfumage planétaire qui allait en sortir, on pouvait respirer du côté du GIEC. Toutefois, la déclaration de Karl, avouant le plus naturellement du monde qu’il avait perdu les données qui fondaient les affirmations figurant dans son article, faisait mauvaise impression. L’article «Mann 2017», dont je vais parler, fut une tentative déraisonnable pour donner un fondement raisonnable au déraisonnable travail de Karl.

En 2017, Michael Mann cosigne donc avec d’autres un article de Benjamin D. Santer[20]. Dans l’abstract on lit : « Au début du XXIe siècle, les trends de réchauffement de la troposphère étaient généralement plus petits que les trends estimés à partir d’un large multiensemble de modèles. »

Au commencement de l’article, les auteurs écrivent à propos du cinquième « Assessment Report of the IPCC », que « la discussion se centra sur deux questions : les causes du présumé ˝slowdown˝ dans le réchauffement de surface et troposphérique durant le début du XXIe siècle et les raisons de l’incapacité de la plupart des simulations par modèles de capturer ce comportement. »

Au lieu de cela, on aurait pu dire par exemple : que les modèles pris en défaut ici pourraient l’être aussi dans toutes prévisions d’avenir, en particulier dans chacune de celles que le GIEC a diffusées. Si on se trompe sur l’aujourd’hui, ne peut-on pas aussi se tromper quand on prédit l’avenir ? Leur faire confiance lorsque ça arrange nos théories et les repousser lorsqu’ils nous donnent tort, est-ce bien là de la science ?

Les auteurs analysent trois « écoles de pensée » à propos de ces questions. Pour rendre compte du « slow down », la troisième de ces écoles reprend la liste des « agents refroidissants » rencontrés ci-dessus et y ajoute la variabilité interne, puis le forçage externe. La contribution due au forçage externe résulterait « des effets refroidissants combinés d’une succession d’éruptions volcaniques modérées au début du XXIe siècle, d’un long et anormal minimum solaire durant le dernier cycle, d’une charge accrue d’aérosols sulfatés et d’une décroissance de vapeur d’eau dans la stratosphère. » Au final, les trois écoles mentionnées dans l’article « Mann 2017 » se réunissent sur la nécessité d’en appeler à des agents ad hoc de plus en plus sophistiqués, associés à une variabilité interne, pour rendre compte de ce que cette dernière a réalisé toute seule durant des centaines de millions d’années ; et son incapacité nouvelle surgissant juste dans les années 1990, au moment de la création du GIEC. Ce n’est pas sérieux !

Courbe des températures observées

Sur la figure ci-après[21], la ligne noire représente les températures observées. Les autres courbes proviennent de simulations faites à partir de données tirées de températures observées sur différents intervalles de temps : 1864-1998 (orange), 1920-2008 (bleu), 1960-2008 (vert).[22]  L’intérêt de cette figure pour nous réside dans la courbe noire qui nous donne une bonne idée du hiatus dont est question dans cette Lettre d’information 5.

arabesque latérale, transfert de vocabulaire et jeux de mots

L’arabesque latérale, dont j’ai présenté le mécanisme dans mon livre (p. 129), peut reposer sur un jeu de vocabulaire. En période de calme plat, difficile de parler de « réchauffement ». Ce sera donc dorénavant les « changements climatiques » et les « dérèglements ». Un sympathique glissement, qui passe inaperçu et qui règle en partie le problème.

Restait une question, elle aussi réglée par un jeu de vocabulaire. Le problème était le suivant : ne laisser croire sous aucun prétexte que la Nature aurait soudain décidé de cesser le réchauffement de la Terre. De là, une recherche sémantique permettant de se débarrasser des termes encombrants que sont « stagnation », « plateau de température », « cessation du réchauffement », etc. Il s’agissait d’euphémiser ces malveillants adversaires. Il s’ensuivra deux belles trouvailles : le réchauffement fait « une pause », se reposant pour mieux sauter. L’autre mot pour cacher la vérité est le « hiatus ». La Nature ne fait pas ce que veulent les climatologues, qu’à cela ne tienne, le vocabulaire s’en chargera. Il convient de rendre hommage aux sémiologues des milieux du GIEC pour ces sémillantes illuminations linguistiques. Quelle ingratitude des éléments vis-à-vis du GIEC.

Au cours de son périlleux voyage, le GIEC a recouru souvent à des transferts de vocabulaire, un problème aigu dans un certain lexique perd de sa de virulence dans un autre.

Je consacrerai l’une des prochaines Lettres d’information à l’analyse de cette « méthode », où l’idéologie sourd du vocabulaire et non des instruments de la physico-chimie.

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Annexe 1

Avec les travaux d’Emmanuel Le Roy Ladurie (mon livre pp. 79-89), on disposait d’informations recoupées par diverses méthodes sur l’existence d’un optimum de température dans la période 800 à 1300 environ, une période chaude, au moins aussi chaude que la nôtre. Le Roy Ladurie la nomme « le petit optimal médiéval ». C’était en opposition frontale avec l’une des thèses centrales du GIEC (voir le début de la Lettre d’information 3). En 1998, Michael Mann publie une courbe d’évolution de la température. Elle montre une croissance impressionnante de la température à la fin du XXe siècle et suggère, par son envol, une augmentation apocalyptique que, précisément, le GIEC nous promet depuis sa création. Dans la partie gauche de sa courbe, Mann supprime froidement, si l’on peut dire, à la fois l’optimum médiéval et le petit âge glaciaire qui suit. C’est du pain béni pour le GIEC qui la publie aux quatre vents. Mais les données et les méthodes mises en œuvre par Mann seront complètement désavouées par la (vraie) communauté scientifique. C’est au point que le GIEC lui-même la supprime de ses publications subséquentes. Cela n’empêche pas les inconditionnels de cette obédience de tenter de la remettre en circulation.

Annexe 2

L’Université d’East Anglia est une importante université anglaise située à Norwich. Elle a été créée en 1963. Là se trouve le Centre de recherche sur le Climat (CRU : Climatic Research Unit), dirigé par Phil Jones, grand prêtre de la climatologie giécienne. En novembre 2009, peu de temps avant la mémorable conférence sur le climat de Copenhague, des hackers parviennent à pénétrer dans un vaste ensemble d’e-mails et de documents, échangés entre chercheurs et responsables du centre ou personnes qui lui sont rattachées ; parmi elles, Michael Mann.

Annexe 3

« Judith Curry[23] est une climatologue américaine, ancienne présidente de la School of Earth and Atmospheric Sciences au Georgia Institute of Technology, où elle a enseigné jusqu’à la fin de 2016. Ses domaines de recherche comprennent les ouragans, la télédétection, les modèles atmosphériques, le climat polaire, les interactions air-mer. Elle est membre du Climate Research Committee.

« Judith Curry est coauteure du livre Thermodynamics of Atmospheres and Oceans (1999) et coéditrice de l’Encyclopedia of Atmospheric Sciences (2002). Elle est également auteure ou coauteure de plus de 140 articles scientifiques. Au nombre des distinctions dont elle a été honorée figure le Henry G. Houghton Research Award, qui lui a été décerné par l’American Meteorological Society en 1992. »

Judith A. Curry a déposé devant un comité de la chambre des représentants des USA en date du 15 avril 2015[24]. Elle y fait les plus grandes réserves sur les thèses de la climatologie officielle relatives au changement climatique, ainsi que sur la conduite de la politique énergétique américaine qui découle de ces thèses. Sa déclaration est précédée d’un résumé, dont j’extrais ceci.

l  La recherche et les données récentes vont dans le sens de l’importance de la variabilité naturelle du climat. Ils remettent en question la conclusion que les humains sont la cause principale du changement climatique récent.

l  La cessation du réchauffement climatique depuis 1998.

l  Les estimations à la baisse de la sensibilité du climat au dioxyde de carbone.

l  Les modèles climatiques prédisent beaucoup plus de réchauffement que celui qui a été observé au début de ce XXIe siècle.

l  La définition d’un changement climatique « dangereux » est ambiguë et suppose l’existence de points de basculement catastrophiques qui sont considérés comme très peu, ou extrêmement peu, probables au cours du XXIe siècle.

l  Les efforts poursuivis dans le but d’établir un lien entre les catastrophes résultant des extrêmes climatiques avec le réchauffement climatique causé par l’homme, sont trompeurs et ne sont pas supportées par les observations.

l  Le changement climatique est un problème épineux qui est mal adapté à une solution de « commandement et de contrôle ».

l  Il a été estimé que l’engagement des USA (INDC, Intended Nationally Determined Contribution) d’une réduction de 28% des émissions, réduirait de 0,03 °C le réchauffement en 2100.[25]

______________

Vous doutez encore, écoutez les deux conférences suivantes :

Richard Lindzen, est un physicien américain, qui était professeur de météorologie au Massachusetts Institute of Technology, l’un des plus grands instituts scientifiques du monde (classé en 3e position dans la liste des 500 meilleures universités du Classement de Shanghaï, qui fait autorité). C’est assurément l’un des météorologues les plus illustres de la planète.

Sa conférence de Paris du 25 avril 2017 :

Ivar Giaver, Prix Nobel de Physique, conférence de 2015, sur Internet :

Video – Ivar Giaever (2015) : « Global Warming Revisited »

Avec mes remerciements à mes amis de l’Association des climato-réalistes pour leur assistance technique. Remerciements aussi à mon ami Gérard Chabbey, correcteur et metteur en page de ces lettres et de mon livre.

Avec mes bonnes salutations

Jean-Claude Pont

jean-claude.pont@unige.ch

Adhérez à l’Association des climato-réalistes !
Voyez le bulletin d’adhésion sur le site de l’Association http://www.skyfall.fr/contacter-le-collectif-des-climato-realistes/

[1]   Climate Change 2013. The Physical Science Basis. Summary for Polycemakers (Working Group I Contribution to the Fifth Assessment Report of the Intergouvernmental Panel on Climate Change), p. 3.

[2]   Je reviendrai plus bas sur cette « variabilité naturelle », que l’on qualifiera aussi « d’interne ».

[3]   « As one example, the rate of warming over the past 15 years (1998–2012; 0.05 [–0.05 to 0.15] °C per decade), which begins with a strong El Niño, is smaller than the rate calculated since 1951 (1951–2012; 0.12) (…). »

[4]   « Evaluation of Climate Models », 2012, IPCC WGI Fifth Assessment Report, p. 769.

[5]   Je reviendrai plus bas sur le mot « hiatus ». A partir d’ici, tous les soulignements dans les citations sont le fait de J.-C. Pont.

[6]   CMIP5 (Climate Model Intercomparison Project), GMST (Global Mean Surface Temperature).

[7]   J’en résume les grandes lignes dans l’Annexe 1, à l’intention des lecteurs qui ne disposeraient pas de mon livre.

[8]   Robert K. Kaufmann, Heikki Kauppi, Michael L. Mann and James H. Stock, « Reconciling anthropogenic climate change with observed temperature 1998–2008 », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), juillet 2011, 108 (29), p. 11790-11793. Je l’indique sous « Mann, 2011 ».

[9]   En réalité, rien ne démontre cet effet réchauffant du gaz à effet de serre, que bien des choses d’ailleurs contredisent.

[10]    Kevin Trenberth est l’un des maîtres à penser de la climatologie officielle, qui lui a octroyé plusieurs récompenses.

[11]    J’en donne un résumé dans l’Annexe 2.

[12]    Philip Jones a dirigé le Centre de Recherches sur le Climat à l’Université East Anglia de Norwich, la Mecque de la climatologie officielle.

[13]    Voir référence en note 8.

[14]    (Extrait de Wikipédia) « El Niño est un phénomène climatique dont l’origine est assez mal connue. Contrairement à La Niña, il se traduit par une hausse de la température à la surface de l’eau de l’est de l’océan Pacifique, autour de l’équateur. » « La Niña est un phénomène climatique ayant pour origine une anomalie thermique des eaux équatoriales de surface (premières dizaines de mètres) de l’océan Pacifique centre et est caractérisée par une température anormalement basse de ces eaux. La Niña tire son nom d’une comparaison avec El Niño, dont les conséquences maritimes et climatiques sont globalement l’inverse de celles de La Niña. » « La Niña est un phénomène climatique ayant pour origine une anomalie thermique des eaux équatoriales de surface (premières dizaines de mètres) de l’océan Pacifique centre et est caractérisée par une température anormalement basse de ces eaux. La Niña tire son nom d’une comparaison avec El Niño, dont les conséquences maritimes et climatiques sont globalement l’inverse de celles de La Niña. »

[15]    Je n’ai pas jugé utile d’introduire cette figure ici.

[16]    Le HadCRUT résulte d’une collaboration entre le Met Office Hadley et le Climatic Research Unit de l’Université East Anglia. Il fournit l’ensemble des données de températures qui figurent dans les rapports du GIEC. Le HadCRUT3 est relatif à la période 1998-2012. Il montre un trend de températures négatif. Le HadCRUT4 a été lui mis en place en mars 2012. Il montre un trend positif !

[17]    « The recent Global Warming Hiatus », NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), 4 juin 2015.

[18]    On retrouve ici les 0,12 °C de Jones.

[19]    Cette citation se trouve dans Anthony Watts « Despite attempts to erase it globally, ˝the pause˝ still exists in pristine US surface temperature data », 14 juin 2015, Watts Up With That ? On la trouve également sur divers sites autour de Judith Curry.

[20]  « Causes of differences in model and satellite tropospheric warming rates », Nature Geoscience, 19 juin 2017. Benjamin Santer a été l’auteur principal du chapitre 8 du Working Group I du rapport du GIEC de 1955. C’est aussi lui qui reconnut, quelques années plus tard, avoir supprimé d’un rapport du GIEC le passage déclarant que l’homme n’était pas responsable du changement climatique. Par commodité, je nomme cet article « Mann 2017 ».

[21]    src= »http://www.pnas.org/content/pnas/108/29/11790/F2.medium.gif » width= »440″ – Le zéro de l’échelle verticale est arbitraire, et l’intérêt des courbes réside dans leurs variations (formes et amplitudes).

[22]    Ces courbes sont tirées de Robert K. Kaufmann, Heikki Kauppi, Michael L. Mann et James H. Stock, « Reconciling anthropogenic climate changewith observed temperature 1998–2008 », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), juillet 2011, 108 (29), p. 11790-11793 (Fig. 2).

[23]    Tiré de Wikipédia, article « Judith Curry ».

[24]    Déclaration présentée devant le Comité pour la Science, l’Espace et la Technologie de la Chambre des Représentants des Etats-Unis d’Amérique. Audit sur « L’engagement du Président des Etats-Unis auprès de l’ONU sur le Climat ».

[25]    Le traducteur note : soit une baisse de quelques millièmes de degré pour des mesures équivalentes prises par la France.

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